KAMACUKA, a new platform

édito Lettre KAMACUKA # 1 - novembre 2014
 

KAMACUKA, a new platform for Caribbean cultures

Après la vague des indépendances qu’a connu la Caraïbe dans les années 60, les échanges entre les territoires se sont progressivement accentués. De visites de courtoisie aux échanges culturels en passant par les manifestations sportives, l’envie de tourner la page de l’époque coloniale et de renouer des liens avec ses voisins a pris son essor.

Toutefois, en raison des liens forts avec les anciennes « métropoles », les artistes et professionnels de la culture, puisque c’est d’eux dont il s’agit dans le projet KAMACUKA, ont continué à chercher leur avenir dans les capitales européennes  afin de se former mais aussi d’avoir peut-être une chance de vivre de leur pratique.

Aujourd’hui, cette tendance semble s’inverser et quelques expériences  traduisent ce nouveau rapport au territoire d’origine.  

D’abord du fait de la reconnaissance des cultures traditionnelles et populaires (dûe à l’influence de tous les militants culturels dont Jean-Price Mars, Aimé Césaire, Dereck Walcott, Edouard Glissant, Léon Gontran Damas, Kendel Hippolyte, Hector Poullet et bien d’autres), de l’essor du tourisme, mais aussi de l’ouverture de cursus universitaires ou professionnels. Les jeunes créateurs ne cherchent plus systématiquement à partir, les diplômés reviennent s’investir dans la région, tandis que d’autres multiplient les va et vient.

D’autre part, les autorités s’intéressent de plus en plus à la culture comme moteur de développement de nos régions. Pour exemple, la chercheuse Dr Susan Burke travaille à la conception d’une stratégie nationale pour le développement culturel  à Trinidad. En Jamaïque et toujours à Trinidad, un programme européen soutient la formation de 150 entrepreneurs culturels, et en Martinique Patrick Chamoiseau conçoit un Programme d’actions pour le développement de la Martinique (PADM – Matnik solid)

La révolution actuelle, que nous vivons avec le développement toujours plus rapide des technologies de la communication, permet d’élargir les réseaux,  évite l’enfermement des créateurs et encourage le travail collaboratif.

Le projet collectif KAMACUKA est donc né de cette farouche volonté de mettre en commun des expériences et des approches différentes, pour une Caraïbe connectée au monde par le biais de l’art et de la culture. Car ceux-ci sont sans aucun doute les premiers moteurs de développement et d’innovation sur la base de leur valeur plurielle, qui allie valeur symbolique (promotion des cultures de la Caraïbe), valeur sociale (biens communs), et valeur économique (productions de biens et services culturels).  

KAMACUKA c’est :
•    une plateforme collaborative en ligne comprenant un site web d’informations et un guide virtuel des acteurs et institutions de la Caraïbe-Amazonie -dans un premier temps francophone et anglophone,

•    une lettre trimestrielle bilingue d’information,

•    Des rencontres professionnelles entre les partenaires et le public.

KAMACUKA c’est aussi l’énergie que nous et vous y mettons pour réussir ce défi d’une Caraïbe-Amazonie qui dialogue et construit son avenir.

Axelle Béniey, Michelle Cox,  Lowell Fiet, Rawle Gibbons,  Karole Gizolme, Anne Lescot,  Kentillia Louis, Wilfrid Louis-Régis

Photo : Kentillia Louis (St. Lucia), Lowell Fiet (PR) Hazel Franco (T&T) and Anthea Octave (St. Lucia/T&T)